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Pensées latérales

Un peu plus d'un mois depuis la mise en ligne de ce blog et déjà un second billet à lire pour vous ; record de fréquence battu en ce qui me concerne. Tant que le mode "sans emploi fixe" sera actif, ça ne devrait pas être trop difficile de garder le rythme, mais on n'est jamais à l'abri de grosses siestes en cascade, de pannes de motivation brutales ou d'autres imprévus qui ne font rien qu'à s'imposer sans prévenir non mais oh ! hé ! hein ! bon !

A défaut de bosser pour de l'argent au moment où j'écris ces lignes, je file des coups de pouce tout en postulant à des offres étrangement (?) prises d'assaut dès qu'elles sont affichées. En attendant que le secteur du jeu vidéo sorte la tête de l'eau, je travaille surtout à savoir ce que je souhaite vraiment y faire avant de partir à la retraite, si possible avant 60 ans malgré le refrain de Zebda qui résonne à chaque fois que j'évoque cette éventualité. Dans l'absolu, je voudrais rejoindre ou collaborer directement avec un studio de développement qui ne dépasserait pas la cinquantaine de personnes. Dans un contexte où les équipes de cette taille sont prises entre le marteau et l'enclume, en trouver avec assez de trésorerie et de revenus réguliers pour recruter un profil "couteau suisse" comme le mien est un joli défi.

Pas loin derrière dans la liste magique, j'ai toujours l'envie d'aller voir les coulisses d'un fabricant de consoles, d'une plateforme de vente ou d'un concepteur d'outils de développement. C'est compliqué pour d'autres raisons, dont le télétravail peu accepté si on n'habite pas dans le même pays ou parfois la même ville que les bureaux de ces compagnies. Ça n'empêche pas de garder un oeil sur les annonces et d'aller prendre des nouvelles auprès de personnes déjà en place, car rien ne vaut un bon réseau physique en plus de la veille en ligne pour ne pas louper les occasions fugaces. Par ailleurs, on n'est jamais à l'abri d'une ouverture de poste taillé sur mesure chez une agence ou un éditeur qui ne laisse pas les studios prendre la grande majorité des risques avant de signer un projet. Y en a des biens, comme dirait Didier.

La dernière option qui me trotte en tête depuis quelques mois, c'est de faire un pas de côté en montant une activité de consultant / prestataire au sein d'une coopérative d'activité et d'emploi. Vu ma façon de fonctionner au quotidien, je sais d'avance que l'auto / micro-entreprise reviendrait à me jeter dans des sables mouvants ou dans des fonctionnalités de tableur avancées, et n'essayez pas de me convaincre du contraire avec vos mises en forme conditionnelles. A ce stade, je fais ce qui me plaît beaucoup dans la vie en général : parler à des gens qui en savent plus que moi sur un sujet que je connais peu et laisser infuser nos échanges pendant que je creuse des pistes. J'en profite aussi un peu pour faire descendre ma pile d'onglets, de livres et de jeux, en imaginant Sisyphe heureux.

Pour autant, un autre coin de ma caboche se demande s'il n'est pas temps de préparer une nouvelle bifurcation, comme quand j'ai mis de côté le journalisme pour aller découvrir le business et la création des jeux vidéo au plus près du réacteur. Ce n'est pas tant l'état de bascule actuel du secteur qui me pousse vers cette éventualité que le besoin sourd, presque viscéral, de ne pas habiter trop longtemps une discipline précise, afin d'éviter autant que possible les oeillères et les failles de la surspécialisation, même si c'est un drôle équilibre à maintenir. Dans les situations incertaines, la tentation de ne pas sortir de sa zone de confort est forte, voire salvatrice parfois avec le recul. Sauf qu'on ne recommence jamais vraiment de zéro quand on décide d'explorer un autre chemin, qu'il soit de traverse ou déjà balisé. C'est surtout ça qui me motive à faire des pas de côté, pour compenser ma propension à installer des routines rassurantes sur plusieurs racines de mon existence.

On verra d'ici la fin de l'année où cette réflexion me mènera. Ce serait sympa que les valeurs de la démocratie et des droits humains tiennent le coup dans un maximum de pays jusque-là. Un tas d'archives prouvent que vivre sous la contrainte de forces réactionnaires et impérialistes n'est pas le cadre idéal pour mettre en place des plans durables, alors faisons de notre mieux pour préserver le tissu social et les conditions indispensables à la continuité du vivant.

Sur ce, portez vous bien ou même mieux, jouez à Cairn sans trop pester en prenant le temps dans la montée (je n'ai pas encore atteint cet état de grâce mais je commence à l'entrevoir), dansez au bord du monde et fendez vous la poire à la moindre occasion, ça aide à tenir le cap dans moult situations.

Matthieu / boulap'